Bright Size Life
Tracklist 1 tracks
| # | Title | Flags | Length | |
|---|---|---|---|---|
| – | 01 | Bright Size Life | 4:52 |
Notes & files
Pour un début, c'est un coup de maître ! Sorti en 1976, Bright Size Life fut le premier disque de Pat Metheny en tant que leader. A 21 ans, le guitariste américain fait déjà preuve d'une réelle maturité dans la composition comme dans l’interprétation, virtuose quand il le faut. Complices idéaux, son meilleur ami du moment Jaco Pastorius, à la basse toute en finesse, et Bob Moses, à la batterie souple et dynamique, lui permettent surtout de développer ce qui sera sa marque de fabrique : un jeu fluide, souvent lyrique, presque liquide. Les grands espaces de son Midwest natal se retrouvent déjà dans sa guitare et même dans les titres qu’il donne à ses compositions (Missouri Uncompromised, Midwestern Nights Dream et Omaha Celebration). Une grande sagesse se dégage de ce disque limpide et beau (l’influence de Jim Hall est perceptible) qui se referme sur Round Trip/Broadway Blues, un medley inattendu de deux thèmes d’Ornette Coleman, l’une des idoles de Metheny avec qui il enregistrera le très free Song X dix ans plus tard.
Mais derrière ce calme de surface, le jeune virtuose veut pourtant chambouler un monde qu’il trouve un peu pantouflard. En 2001, dans une interview accordée à Just Jazz Guitar, il insistera sur ce sentiment bien réel : « Même si Bright Size Life ne sonne peut-être pas comme ça, nous étions révoltés à l’époque. Cet album est une déclaration politique très forte de notre part sur la façon dont nous avons estimé ce que nos instruments devaient faire pour rester dans le jazz. En l'écoutant vingt-cinq ans plus tard, je pense que notre message a été transmis et que nous avons changé les choses. C’était un manifeste de choses bien précises qui nous tenaient à cœur, qu’il s’agisse d’harmonie, d’interaction, en termes de son des instruments. Il faut écouter cet album pour savoir où nous en étions à ce moment-là. » © Marc Zisman/Qobuz