Brûler le feu
Tracklist 1 tracks
| # | Title | Flags | Length | |
|---|---|---|---|---|
| – | 01 | Le Dernier Jour du Disco | Lyrics | 3:27 |
Notes & files
Juliette Armanet est toujours en équilibre sur un fil. Sur son deuxième album Brûler le feu, telle Peau d’Âne préparant avec soin son cake d’amour, elle trouve une nouvelle fois le bon dosage entre la chanson populaire et la chanson « d’auteur ». Cela débute par un jeu de références pointu qui passe en revue l’âge d’or de la variété française : le titre de l’album est un clin d’œil à Johnny Hallyday, même si celui-ci fonctionne comme un trompe-l’œil (la chanson Brûler le feu est moins rock que suavement funky). Quant au romantisme enragé de Véronique Sanson (à qui Armanet est souvent comparée), on perçoit sa présence discrète dans tel ou tel enchaînement harmonique au piano. Et dans Sauver ma vie, c’est le fantôme d’une Dalida « disco drama » qui nous saute aux oreilles. L’interprète de L’Amour en solitaire est également une funambule entre l’ordinaire et la profondeur. Entre, d’un côté, la fête (personnifiée par le disco, sorte de fil rouge de l’album), la puissance de l’imaginaire (Imaginer l’amour), et de l’autre, la douleur, la complexité des sentiments (Vertigo), voire l’agonie (Le Dernier Jour du disco). Ce grand écart est souvent générateur d’ironie – ici dans un titre qui revisite la chanson d’anniversaire (HB2U), ou là dans son regard mi-amusé, mi-sincère sur le slow (J’te l’donne). Enfin, signalons un casting de producteurs particulièrement impressionnant : SebastiAn (Charlotte Gainsbourg), Julien Delfaud (Phoenix, Sébastien Tellier), Yuksek (Lykke Li), Victor Le Masne (Kavinsky) et Marlon B. Autour du piano fétiche de Juliette Armanet, cette folle équipée bâtit un univers sentimentalo-disco ultra-sophistiqué. Cet enrobage luxueux met en valeur une écriture musicale au cordeau, laquelle n’exclut jamais l’émotion ni le sens de la séduction. © Nicolas Magenham/Qobuz