Революционный композитор "Весны священной", Игорь Стравинский оставил глубокий след в музыке XX века и продолжал постоянный поиск инноваций, исследуя неоклассицизм, а затем серийность, обновляя свой музыкальный язык на протяжении семи десятилетий своей деятельности. Родился 17 июня 1882 года в Орянинбауме, ныне Ломоносове, недалеко от Санкт-Петербурга в России, Игорь Фёдорович Стравинский был сыном знаменитого баса Мариинского театра Фёдора Стравинского. С раннего возраста он соприкасался с музыкальным театром, в девять лет начал брать уроки фортепиано у Леокадии Качперовой, ученицы Антона Рубинштейна, прежде чем заняться музыкальной теорией с различными частными преподавателями. В 1901 году он поступает на юридический факультет Санкт-Петербургского университета, но вскоре бросает учёбу, чтобы поехать в Германию. После встречи в Гейдельберге с Андреем Римским-Корсаковым, последний представляет его своему отцу, знаменитому композитору Николаю Римскому-Корсакову, который с 1903 по 1906 год даёт ему уроки композиции и оркестровки после того, как услышал его Сонату для фортепиано в фа-диез миноре. В 1906 году Стравинский женится на Екатерине Носенко, у них будет четверо детей. От юношеских композиций до его первой Симфонии ми-бемоль мажор, частично исполненной оркестром придворного театра Санкт-Петербурга в апреле 1907 года, а затем полностью в феврале 1908 года, он ещё не проявил своего собственного стиля, когда умирает его мастер, которому он отдает дань уважения в Похоронном песнопении для духовых инструментов. Однако после премьер "Скерцо фантастико" и "Фейерверка" для оркестра, импресарио Сергей Дягилев, только что создавший Русские балеты, ставит его на испытание в балете "Сильфиды", который исполняется в Париже. Убедившись в его таланте, он предлагает ему написать балет, вдохновленный легендой о "Жар-птице", первая постановка которого, 25 июня 1910 года в Парижской опере, становится триумфом. Яркие цвета тембров, оркестровые эффекты и асимметричные ритмы производят фурор. Сотрудничество продолжается над "Петрушкой", созданной в театре Шатле 13 июня 1911 года с Ваславом Нежинским в главной роли. Оригинальная оркестровка, включая фортепиано, предвещает грядущие изменения с его "аккордом Петрушки", использующим две разные тональности. Установившись между своей швейцарской резиденцией в Кларенсе и Парижем, Стравинский переворачивает музыку в современную эпоху с "Весной священной", празднованием языческого ритуала, ставшим причиной одного из величайших скандалов в истории искусства. Его премьера под управлением Пьера Монтё, 29 мая 1913 года в Театре Шанз-Элизе, вызывает яростное неприятие со стороны публики, которая отвергает как хореографию Нежинского, так и партитуру, насыщенную неумолимым ритмом, диссонансами и бесконечными изменениями размеров. С завоеванной репутацией Стравинский завершает композицию оперы "Соловей" (1914) по мотивам сказки Ганса Христиана Андерсена. Во время Первой мировой войны он сотрудничает со швейцарским поэтом Шарлем-Фердинандом Рамюзом над "Историей солдата" (1918), используя рассказчика и семерых инструменталистов. Удалённый от своей родины из-за Революции 1917 года, он одновременно работает над балетами "Лиса" и "Свадьба", премьеры которых после многочисленных доработок состоятся только в 1922 и 1923 годах. Его сотрудничество с Русскими балетами продолжается с "Пульчинеллой" (1920), в которой используются темы Перголези. После композиции "Мавра", по Пушкину, созданной в Парижской опере в мае 1922 года, а затем дань уважения Дебюсси в "Симфонии для духовых инструментов" (1921), Стравинский abandons the Russian folk idiom to enter a long neoclassical phase, drawing inspiration from ancient forms dating back to the baroque period to create very personal works, where irony mingles with his abstract craftsmanship. С другой стороны, оторванный от своих русских благ и ресурсов, он стремится утвердиться как пианист и…
Compositeur révolutionnaire du Sacre du printemps, Igor Stravinsky a laissé une empreinte profonde sur la musique du XXe siècle et a poursuivi une recherche constante d'innovation, explorant le néoclassicisme puis le sérialisme, tout en renouvelant son langage musical au cours de sept décennies d'activité. Né le 17 juin 1882 à Orianenbaum, actuellement Lemonossov, près de Saint-Pétersbourg en Russie, Igor Feodorovitch Stravinsky est le fils d'une célèbre basse du Théâtre Mariinski, Feodor Stravinski. Entré très tôt en contact du théâtre musical, il prend des leçons de piano à neuf ans avec Leokadia Kachperova, une ancienne élève d'Anton Rubinstein, avant d'aborder la théorie musicale avec différents professeurs privés. Inscrit à la faculté de droit de l'Université de Saint-Pétersbourg en 1901, il délaisse ses études pour voyager en Allemagne. Après sa rencontre à Heidelberg d'Andreï Rimsky-Korsakov, ce dernier le présente à son père, le célèbre compositeur Nikolai Rimsky-Korsakov, qui entre 1903 et 1906 lui donne des leçons de composition et d'orchestration, après avoir entendu sa Sonate pour piano en fa dièse mineur. En 1906, Stravinsky épouse Catherine Nosenko, dont il aura quatre enfants. Des compositions de jeunesse à sa première Symphonie en mi bémol majeur, jouée partiellement par l'Orchestre de la cour de Saint-Pétersbourg en avril 1907, puis entièrement en février 1908, il n'a pas encore manifesté une manière propre quand s'éteint son maître, auquel il rend hommage dans un Chant funèbre pour instruments à vent. Toutefois, après les créations d'un Scherzo fantastique et d'un Feu d'artifice pour orchestre, l'imprésario Serge de Diaghilev, qui vient de créer les Ballets russes, le met à l'essai sur une pièce du ballet Les Sylphides, joué à Paris. Convaincu, il lui propose de composer un ballet inspiré par la légende de L'Oiseau de feu, dont la première, le 25 juin 1910 à l'Opéra de Paris, est un triomphe. Les couleurs brillantes des timbres, les effets orchestraux et les rythmes asymétriques font merveille. La collaboration se poursuit sur Petrouchka, créé au Théâtre du Châtelet le 13 juin 1911, avec Vaslav Nijinski dans le rôle-titre. L'orchestration originale, incluant un piano, annonce les bouleversements à venir avec son « accord Petrouchka » utilisant deux tonalités différentes. Établi entre sa résidence suisse de Clarens et Paris, Stravinsky fait basculer la musique dans l'ère moderne avec Le Sacre du Printemps, célébration d'un rite païen qui est à l'origine de l'un des plus grands scandales de l'histoire artistique. Sa création dirigée par Pierre Monteux, le 29 mai 1913, au Théâtre des Champs-Élysées, provoque un rejet violent de la part du public, qui rejette autant la chorégraphie de Nijinski que la partition, dominée par un rythme implacable, des dissonances et d'incessants changements de mesures. Sa réputation faite, Stravinsky achève la composition de l'opéra Le Rossignol (1914), d'après Hans Christian Andersen. Durant la Première Guerre Mondiale, il collabore avec le poète suisse Charles-Ferdinand Ramuz pour L'Histoire du soldat (1918), employant un récitant et sept instrumentistes. Éloigné de son pays natal en raison de la Révolution de 1917, il travaille dans le même temps aux ballets Renard et Les Noces, dont les créations après des révisions successives n'auront lieu qu'en 1922 et 1923. Sa collaboration avec les Ballets Russes se poursuit avec Pulcinella (1920), reprenant des thèmes de Pergolèse. Après la composition de Mavra, d'après Pouchkine, créé à l'Opéra de Paris en mai 1922, puis de l'hommage à Debussy dans la Symphonie d'instrument à vent (1921), Stravinsky abandonne l'idiome folklorique russe pour entrer dans une longue phase néoclassique, s'inspirant de formes anciennes remontant à la période baroque pour créer des œuvres très personnelles, où l'ironie se mêle à son savoir-faire abstrait. D'autre part, coupé de ses biens et ressources russes, il cherche à s'établir comme pianiste et chef d'orchestre. Ainsi, après l'Octuor pour instruments à vent (1923), il joue lui-même le Concerto pour piano commandé par Serge Koussevitzky et créé à Paris en mai 1924. Après avoir séjourné à Carantec, en Bretagne, puis à Biarritz, Stravinsky s'installe à Nice, où sont composés l'opéra-oratorio Œdipus rex (1928), le ballet Apollon musagète, émanant d'une commande américaine et créé à Washington en 1928, le Capriccio pour piano (1929) et la Symphonie de Psaumes (1930). À Voreppe, dans l'Isère, il conçoit le Concerto en ré pour violon (1931) et le ballet Perséphone (1934), d'après la pièce d'André Gide. Igor Stravinsky, qui a obtenu la nationalité française, revient à Paris et compose le Concerto pour deux pianos (1935), le ballet Jeu de cartes qu'il dirige à New York en 1937 et le Dumbarton Oaks Concerto (1938). En 1940, il s'établit de manière définitive aux États-Unis avec sa seconde épouse, Véra de Bosset. Il emporte avec lui la partition de la Symphonie en ut, achevée à Beverly Hills et créée à Chicago. Il compose également entre autres une curieuse Circus Polka « pour un jeune éléphant » (1942), un Scherzo à la russe (1944) et, après avoir acquis la nationalité américaine en 1945, une Symphonie en trois mouvements (1946), un Ebony Concerto pour clarinette et ensemble swing (1946) et un Concerto en ré pour orchestre à cordes (1947). Après le ballet Orpheus (1948), Stravinsky travaille durant trois ans à l'opéra The Rake's Progress, qu'il dirige à Venise en 1951 dans le cadre d'un festival de musique contemporaine. Il abandonne en beauté sa période néoclassique pour s'adonner en une volte-face radicale au dodécaphonisme avec le ballet Agon (1957), nouvelle collaboration avec le chorégraphe russe George Balanchine. Ce virage, initié par son assistant Robert Craft, est adopté dès la Cantate de 1952 et se poursuit sur le Septuor (1953), Three Shakespeare Songs (1953) et de nouvelles œuvres d'inspiration religieuse comme In Memoriam Dylan Thomas (1954), le Canticum Sacrum (1956), créé à la basilique Saint-Marc de Venise et la cantate Threni (1958). Son style sériel se fait encore plus autère et dépouillé dans ses dernières œuvres, tel que les Mouvements pour piano et orchestre (1959), Introïtus (1965) et Requiem Canticles (1966). En 1962, Stravinsky est retourné sur sa terre natale, devenue l'Union soviétique, où il a été accueilli avec ferveur. Après plusieurs hospitalisations, il séjourne à l'été 1970 en France, à Évian, avant de mourir d'un œdème pulmonaire à New York, le 6 avril 1971, à l'âge de 88 ans. Il est inhumé selon son souhait au cimetière San Michele de Venise, près de la tombe de Diaghilev.
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