Blue Lines
Tracklist 1 tracks
| # | Title | Flags | Length | |
|---|---|---|---|---|
| – | 06 | Unfinished Sympathy | Lyrics | 5:08 |
Notes & files
Qu’il s’agisse ou non de l’acte de naissance du trip hop, Blue Lines ne ressemble à rien de connu à sa sortie en avril 91. Slalomant entre breakbeats enfumés, samples pointus (Billy Cobham, Tom Scott, Lowrell Simon, Wally Badarou…) et rap anesthésié, le premier album de Massive Attack tend des ponts inédits entre soul, reggae, dub, rock, électro et cold wave. Ce son étouffant mais fascinant s’échappant de Bristol est l’enfant d’un trio – Robert Del Naja (3D), Grant Marshall (Daddy G) et Andrew Vowles (Mushroom) – qui pratique l’échangisme musical, alliage de sonorités vaporeuses, de grooves comme chloroformés et d’ambiances mélancoliques voire méditatives. Une orgie onirique héritée en partie des soundsystems et qu’ils ont développée durant la décennie précédente avec le collectif Wild Bunch (avec Nellee Hooper, le producteur de Björk, notamment). Pour peindre ses Blue Lines, les Massive Attack embarquent avec eux un certain Tricky, ex-intérimaire azimuté du Wild Bunch, et des voix éclectiques comme celles du Jamaïcain Horace Andy ou de la soul sister Shara Nelson. C’est elle qui irradie Unfinished Sympathy, grandiose single porté par des violons hollywoodiens et dont le clip (un unique plan-séquence dans les rues de Los Angeles) marquera les esprits et façonnera l’identité du groupe. On trouve aussi sur Blue Lines Neneh Cherry, dans le rôle de la marraine motivant voire secouant le trio à sortir cet album, ainsi qu’une reprise de Be Thankful for What You Got de l’oublié William DeVaughn, un tube soul de 1974 rebaptisé Be Thankful for What You've Got… A l’arrivée, 3D, Daddy G et Mushroom ne se sont pas contentés de jouer aux diggers doués. Ils ont digéré leurs influences disparates pour inventer la BO d’une époque sombre et glauque dont les enfants comptent bien rester sur le dancefloor. © Marc Zisman/Qobuz