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ALBUM · ÉLECTRONIQUE · MAJOR LAZER RECORDS

Free The Universe

Bit depth
16-bit
Sample rate
44.1 kHz
Duration
57:01
In library
1 / 14
Credits: Major Lazer (main-artist)

Tracklist 1 tracks

#TitleFlagsLength
08 Watch Out For This (Bumaye) [feat. Busy Signal, The Flexican, FS Green] Lyrics 4:29

Notes & files

Le reggae, souvenez-vous, a nécessité d’être revu et corrigé dans le goût universel pour devenir planétaire, par la grâce conjuguée de Bob Marley et de Chris Blackwell. Dans le même ordre d’idée mais en plus anecdotique, le sorcier de la production electro hip-hop Diplo s’amuse avec la musique jamaïcaine sous cette appellation, qu’il réveille de temps à autre. Ce premier effort, depuis l’album initial de 2009, creuse le sillon d’un dancehall perverti par la touche américaine et, en outre, vocalisé par des Américains et des natifs de l’île, à parts égales ou presque.

Pour l’aspect « racines », Elephant Man, Vybz Kartel, Shaggy, à la rigueur Wyclef Jean. Pour la dose de hype, Santigold, Ezra Koenig de Vampire Weekend, ou encore Bruno Mars, supposés être des produits d’appel aptes à titiller les consommateurs de musique « dans les charts ». Diplo a fait ses preuves depuis longtemps, avec tout ce qui compte dans les musiques urbaines, aussi maîtrise-t-il avec aisance cet exercice de style et décore de ses fanfreluches soniques les beats de reggae digital, au point parfois de les faire presque disparaître.

Ces quatorze tranches de reggae mutant dégoulinent donc de gadgets electro comme un ananas frais tranché de jus acidulé. Les basses vrillent le grand colon, les beats s’accélèrent soudain comme on appuie sur le champignon d’une GTI gonflée et les voix font le whine, cette danse du bassin dangereusement sexuelle, au milieu de ce maelstrom bruyant et roboratif. « Wind Up », poussé dans ses retranchements par Elephant Man et Opal, est symptomatique de cette frénésie. Ça tourbillonne, les sirènes se taisent soudain pour laisser une voix d’hétaïre susurrer ses appels au stupre avant que la caisse claire programmée ne vienne bousculer tout ça et entrainer l’auditeur dans une danse de Saint-Guy incontrôlable. « Jessica », avec le leader de Vampire Weekend fait un peu retomber le soufflé vers un son arty frelaté mais c’est une pause au milieu de l’album pour mieux repartir vers des rivages musclés et virils.

À tout prendre, le son club que Diplo façonne ici, s’il n’est pas exempt de facilité, est certainement assumé comme tel et dans le genre, il est infiniment moins vulgaire que le traitement uniforme et boursouflé qu’inflige un David Guetta à la musique urbaine américaine depuis le début de la décennie. Quant au consensuel et universel Bruno Mars, en compagnie de Tyga et Mustic, il délivre avec « Bubble Butt » un hymne définitif aux séants rebondis, qui, somme toute, sont un élément constitutif de cette musique et de son image. Secouez-moi tout ça...

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