DAMN.
Tracklist 1 tracks
| # | Title | Flags | Length | |
|---|---|---|---|---|
| – | 08 | HUMBLE. | Lyrics | 2:57 |
Notes & files
DAMN est l’album de rap le plus attendu de l’année 2018. L’unanimité autour de Kendrick Lamar est telle que quelques heures après sa sortie, la moitié de la raposphère l’avait déjà décortiqué, autopsié et sacré « chef d’œuvre » sans prendre le temps de plusieurs écoutes, voire de le digérer sur quelques jours. Oui, le kid de Compton est doué. Très doué même. Et se positionne bien au-dessus d’une mêlée certes polluée par beaucoup de suiveurs et finalement assez peu de créateurs. En 2015, To Pimp A Butterfly avait bluffé son monde par son côté osé prenant le contrepied de good kid, m.A.A.d city paru trois ans plus tôt. La densité tant musicale que verbale de ce troisième album à la saveur afrocentrique prouva que Kendrick était là pour son art et sa communauté, pas simplement pour remplir ses caisses face à un public déjà plus qu’acquis à sa cause. Musicalement, DAMN marche davantage dans les clous. Le Californien signe un quatrième album moins monolithique que ses prédécesseurs. Le tubesque côtoie le plus avant-gardiste, le sensuel se frotte au plus hardcore, les effluves de soul psychédéliques seventies (Lust) fricotent avec le minimalisme électro (Humble), etc. A l’arrivée, Kendrick retombe toujours sur ses Reebok. Surtout que sa plume engagée reste aiguisée comme jamais, entre prêches et introspections plus personnelles ponctués de belles allégories de l’Amérique de Trump. Ainsi, quand Geraldo Rivera de Fox News accuse « le hip hop de faire plus de mal aux jeunes Afro-Américains que le racisme lui-même », Kendrick lui répond brillamment sur DNA, analyse complète de son ADN personnelle. Plus loin, sur Duckworth, il se fait le conteur des galères passées de son père. Du plus grand au plus petit dénominateur commun, Kendrick Lamar rappe à 360°. La liste des invités conviés à la fête est elle aussi éclectique au possible : Rihanna (Loyalty), U2 (XXX), James Blake (Element), Kaytranada (Lust), Kamasi Washington (Lust), Steve Lacy de The Internet (Pride), le bassiste fou Thundercat (Feel), les Canadiens de BadBadNotGood (Lust), sans oublier Kid Capri (Element, XXX, Duckworth et Love), cultissime DJ et MC du Bronx qui sévit à l’aube des années 90 en plein âge d’or du rap, tous apportent non seulement leur touche personnelle mais montrent aussi l’ouverture d’esprit et la gourmandise d’un artiste dépassant les frontières du hip hop. Une fois de plus, on sort sonné de ce disque surpuissant qui lustre un peu plus la couronne de son auteur. © MZ/Qobuz